lundi 3 avril 2017

lectures de mars

J'ai découvert cet auteur américain, comme d'habitude, par le plus grand des hasards. Cette collection réédite des œuvres oubliées, des auteurs passés de mode. On pourrait dire de cette histoire qu'elle est désuète mais l'auteur va plus loin que de relater la vie ordinaire de deux sœurs dans l’Amérique de la moitié du 20e siècle. Tous les espoirs d'une vie meilleure que celle de leurs parents s'étioleront au fil des ans et des pages. Ni l'aînée par son mariage, ni la cadette par ses études et son émancipation n'atteindront le rêve américain. Amertume, bassesse, tromperie, lâcheté, alcoolisme seront leur quotidien. C'est limpide et ça donne sacrément envie de mieux faire...

Djian fut l'un de mes auteurs français favoris quand j'étais ado. Et puis je me suis lassée. Au hasard d'une conversation, une amie m'avait prêté Oh... il y a quelques années. Quand le film avec Isabelle Huppert est sorti, je suis bien sur allée le voir... et suis restée sur ma fin, n'ayant pas retrouvé la force du roman et persuadée (comme la mémoire nous trahit !) que le metteur en scène avait pris force libertés par rapport au manuscrit. En tombant sur la version de poche lors d'une vente de charité, je n'ai pas hésité à me replonger dans l'histoire. En fait, le film colle très bien au bouquin, la fin n'a pas changé et avec le recul on dirait que Djian a écrit le rôle pour Isabelle Huppert. Quelle autre actrice française pourrait incarner cette femme blessée, plus que border line sous des apparences lisses et irréprochables ? Malsain à souhait...


Je me régale toujours autant avec ce 3e opus de l'arabe du futur mais qu'est-ce que je peux souffrir pour la mère de Riad coincée dans cette vie, réduite à faire des enfants sans pouvoir ni travailler ni se faire comprendre, bernée par son mari, étrangère aux membres de sa belle-famille. Il ne me tarde qu'une chose, son retour en France et son divorce !


La première de couverture a failli me rebuter. J'ai bien fait de passer outre. Cette plongée dans l'Islande de l'entre deux guerres est passionnante. On découvre la vie des femmes de pêcheurs abandonnées sur le rivage les longs mois d'hiver, petite communauté s'entraidant lors des naissances qui se succèdent chaque année avec la rigueur d'un métronome. On apprend les travaux rythmés par les saisons : moissonnage, abattage des troupeaux, salage des harengs, confitures et conserves l'été, tricot, couture et broderie l'hiver. Et puis il y a Karitas, diplômée de l'académie des beaux arts de Copenhague parce qu'elle est douée en dessin et que sa mère a décidé que ses 6 enfants feraient des études. Le retour à la vie est un calvaire pour Karitas qui ne veut pas sacrifier son art, entravée par les grossesses et les tâches ménagères. Un bel hymne au féminisme dans un milieu perclus de traditions ancestrales.

jeudi 9 mars 2017

pussy hat versus missoni

Hier c'était la journée des droits de la femme. Cette année, c'est tombé un mercredi, et je ne travaille pas le mercredi après-midi, comme beaucoup de femmes qui ont des enfants. Les miens sont grands, ils n'ont plus besoin de moi ce jour là, mais moi, j'ai besoin de cet après-midi là pour moi. Et hier j'ai passé une grande partie de l'après-midi à tricoter mon pussy hat en écoutant France Culture parler des femmes. J'avais trouvé cet idée de bonnet génial, une vague rose inondant le ciel de Washington. Mais je n'étais pas sûre de vouloir en porter un comme ça, tout rose, il manquait quelque chose. Et puis il y a eu la fashion week et le défilé Missoni...



J'ai utilisé des restes de Tweed from Zeeman et une pelote neon pink ramenée d'Amsterdam.
Le tuto, c'est par ici.
Pour ma version, j'ai monté 40 mailles, aig n°5, côtes 2x2 et une répartition aléatoire de trois couleurs blanc, rose, noir et enfin jersey pour le neon pink.
Le printemps français s'annonce agité, le climat électoral est déplorable, j'aurai certainement l'occasion de le porter...

jeudi 2 mars 2017

lectures de février

(Suite et fin de mes lectures de janvier).
Quand on commence la trilogie d'Anne-Marie Garat, on ne peut plus s'arrêter. J'ai avalé les quelques 2500 pages en deux mois, passionnément. C'est une saga familiale extraordinaire, très richement documentée, l'écriture est limpide, les personnages captivants. Le 20e siècle est radiographié avec précision, le rythme est soutenu, le suspens qu'elle entretient fait de son œuvre un redoutable turn over sans que le style en pâtisse. J'ai vraiment été conquise par les trois tomes, tous d'égale qualité. A lire absolument si l'on n'est pas rebuté par l'ampleur du texte... et le poids des ouvrages, même en version de poche (vive les grands sacs à main) !



mercredi 22 février 2017

street art parisien

J'étais à Paris en Octobre et le week end dernier. Hier en regardant à nouveau les photos que j'avais prises fin 2016, j'ai reconnu des clichés de street arter que je venais de photographier à nouveau lors de ce tout dernier séjour sans avoir aucun souvenir de les avoir déjà croisés en octobre.... Triste mémoire qui me joue des tours. L'avantage c'est que cette fois-ci, j'ai le nom de ces artistes qui ont attiré mon regard.

Commençons par le collectif evazesir que j'avais croisé une première fois autour des buttes Chaumont...



... et retrouvé au Lab14 ce mois-ci :




J'aime beaucoup la palette de couleurs utilisées pour les pochoirs. Il y avait plusieurs portraits destructurés en noir et blanc mais j'ai surtout été attirée par la couleur et la matière.

Eddie colla me plaît pour cette touche de bleu pâle au milieu de la grisaille. J'aime le regard des ces jeunes asiatiques androgynes et bâillonnés.

aucun souvenir de la rue dans laquelle j'ai shooté ce collage en octobre dernier

shooté aux halles en février 2017
 Enfin Léo & Pipo, vus une première fois sur un panneau de signalisation, dieu sait où dans Paris et retrouvés dimanche dans le Marais.



  Personnages d'un autre siècle, minuscules et pourtant tellement présents...

lundi 20 février 2017

United colors of Paris




Jardin du Luxembourg - Détail

Hotel Solar
maison de la cité internationale universitaire de Paris

salle à manger maison La Roche - Fondation Le Corbusier

Maison La Roche - Fondation Le Corbusier


Where are we going ? Chiharu Shiota - Le Bon Marché

Promenade architecturale - Mallet Stevens

Lab14 - Evazesir

jeudi 2 février 2017

lectures de janvier

Cette année j'ai acheté pas mal de bouquins d'occasion. Entre les bourses aux livres des bibliothèques universitaires et Emmaüs, j'ai rempli les étagères...
Alison Lurie revient donc dans mes lectures avec ce petit opus sans prétention mais qui frappe juste. Janet Belle Smith est une nouvelliste américaine en mal de reconnaissance, par le milieu littéraire et par sa famille. Elle séjourne dans un magnifique domaine qui sert de retraite aux artistes de tous poils. Elle est censée y écrire de nouvelles histoires mais n'arrive qu'à noircir son journal, le livre que  nous avons entre les mains. Alison Lurie dépeint sans fard le monde des arts, la susceptibilité des personnages de ce microcosme où le moindre changement à la routine bien huilée provoque une avalanche de malentendus et quiproquos. La chaleur de l'été ajoute à ce sentiment d'immobilisme des personnages en mal d'inspiration, d'amour ou d'argent.

A l'image de ce personnage en mouvement sur la première de couverture du 1er opus de la trilogie d'Anne-Marie Garat, je suis partie à la poursuite de ce roman fleuve, si bien écrit et tellement passionnant. Moi qui adorais adolescente me plonger dans les romans de Zola je retrouve le vocabulaire du 19e/début 20e, le foisonnement des détails et la justesse des situations. Cette fresque qui balaie le 20e siècle dépeint avec force détails le milieu politique, économique, social, intellectuel de cette époque de mutations et de guerres. Si j'ai refermé assez vite les 1200 pages du format de poche du tome 1, c'est parce que les 650 pages du tome 2 m'attendent. Restera à me procurer le 3e qui clôt la trilogie. Mais chaque chose en son temps, je continue à savourer cette madeleine littéraire avec délectation.

mardi 24 janvier 2017

petite pointe vintage

Cet hiver j'ai décidé de tricoter ou crocheter pendant ma pause méridienne en écoutant la radio. Du coup je peux cumuler les encours et faire tomber des aiguilles des petits ouvrages nomades.
Pour cette pointe au crochet toute simple, j'ai utilisé les seules 3 pelotes que j'avais de cette laine vintage, mélange de laine, mohair et acrylique. J'adore ce bleu tirant vers le gris, doux et caressant. J'aurais bien poursuivi l'ouvrage pour agrandir un peu le châle si j'avais eu plus de fil, mais il est finalement assez long pour protéger mon cou qu'il n'enchâsse pas dans une minerve. Léger et douillet, il a toutes les qualités.