vendredi 2 juin 2017

lectures de mai

Je ne sais pas si j'ai choisi le roman le plus accessible de Giono pour découvrir cet auteur mais le titre est si beau... Je garde un souvenir intrigué pour ce style puissant et cette facilité à créer des univers oniriques dans la campagne française... A explorer

Quelle belle histoire que celle de Ifemelu qui quitte son Nigeria natal pour aller étudier aux Etats Unis. Elle quitte l'homme de sa vie pour tenter de construire la sienne dans le pays de tous les possibles. Là elle est confrontée à son état de femme noire d'Afrique, au racisme ordinaire, aux clivages, aux codes (la coiffure notamment : cheveux lissés, nattés, les soins à y apporter, un vrai casse-tête pour les femmes noires). Noir américain contre noir africain, noir américain contre blanc américain. Et que devient-on quand on rentre au pays ? Une americanah ? Elle ouvrira un blog fameux sur la condition des noirs aux EtatsUnis, fera en sorte de garder son accent nigerian et épuisera des relations bancales avec des hommes blancs et noirs. L'appel de l'Afrique sera plus fort, l'appel de l'amour aussi.
Très beau constat sur la quête d'une nationalité/identité et comment vivre avec cette peau de blanc par dessus sa peau de noir ?

 Drôle de petit roman. Nobody est rebaptisé de la sorte par le couple de fantômes qui va l'élever dans l'enceinte du cimetière où ils résident pour l'éternité. Bod a échappé à l'assassin qui a tué ses parents et sa soeur et risque sa vie s'il quitte le cimetière. Ce résident particulier apprendra des morts et des morts-vivants un peu de sorcellerie, de magie et recevra une éducation tout à fait originale. Mais le monde lui tend les bras et avant de revenir passer l'éternité avec cette nouvelle famille, il doit vivre. Un roman pour ado original et qui interroge sur le sens qu'il faut donner à sa vie, car elle en a forcément un, chacun de nous ajoutant sa pierre à l'édifice.

Jacques Prades est maître de conférence en économie à l'université de Toulouse, président et co-fondateur de Cerises, Centre Européen de Ressources sur les Initiatives Solidaires et les Entreprises Sociales. Il nous a accompagnés pour la mise en place du cohabitat (cooptation de nouveaux résidents, charte, aspects juridiques etc...). Il a la chance extraordinaire de travailler une grande partie de l'année sur Venise. D'où cet opus qui nous alerte sur l'extrême fragilité de la Sérénissime en nous expliquant comment, à travers les siècles, elle en est arrivée là. Venise l'insoumise finira-t-elle par sombrer dans l'adriatique ? En attendant nous pouvons peut-être tirer de l'histoire de cette ville unique au monde des leçons de vivre ensemble qui nous interpellent aujourd'hui.

mardi 23 mai 2017

rouge cardinal

A Florence en décembre dernier, nous avons découvert la caverne d'Ali Baba de la laine, la Filati Campolmi.
 





J'ai passé un certain temps à choisir la couleur du fil à chaussette pour finalement choisir un rouge cardinal, influencée par la série The Young Pope. Avec 2 pelotes de 50g j'ai réussi à faire une paire de cho7 classiques et une paire de socquettes. Ces dernières étaient un cadeau pour Ingrid que je retrouvais cette année encore à Marrakech pour le cool crochet workshop.



Pour les deux versions je débute par la jambe, talon renforcé et grafting à la pointe du pied. Pour la version socquette, j'ai utilisé le même modèle que pour la cho7, j'ai juste fait quelques rangs de côtes et zappé la partie mollet pour entamer direct le talon. La photo des socquettes rend mieux la couleur du fil qui est limite fluo. J'adore !

La Filati Campolmi fait partie des vieilles boutiques florentines regroupées sur une carte permettant de découvrir les lieux incontournables de la ville, les commerçants qui ont pignon sur rue depuis belle lurette, l'âme de Florence.

Nous ne sommes pas reparties de la boutique avec juste 2 pelotes de laine à cho7.... Et pour les gourmandes, il existe une e-shop...

vendredi 12 mai 2017

lectures d'avril

Comme vous le savez peut-être, je suis l'heureuse locataire d'un potager urbain. J'ai toujours autant besoin de conseils pour cultiver mon pré carré avec un minimum d'effort. Parce que je ne suis pas super costaude, parce que je ne suis pas disponible tous les jours, parce que mon potager est en ville, qu'il n'est pas si grand que ça, je dois adapter les cultures aux aléas de mon emploi du temps et de sa situation géographique. J'ai donc besoin de connaître des astuces pour rentabiliser ma parcelle et faire qu'elle soit le plus autonome possible. La permaculture vous y aide. Voici un petit bouquin ludique aux illustrations sympathiques et aux explications simples. De toute façon, tout bouquin qui traite de culture potagère est intéressant et rafraichissant.

Je me suis bien marrée à lire cette enquête d'Agatha Raisin. L'héroïne est une londonienne qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui prend une retraite anticipée dans la campagne anglaise. Elle se retrouve au centre d'une enquête après qu'un voisin ait avalé une part de quiche qu'elle a présentée à un concours. Oh my god !!!

Pas facile d'être un ado d'origine chinoise quand on a un papa qui ne se remet pas de la mort de sa femme et qui est très exigeant pour vos études. Kevin doit faire face aux traditions, aux non-dits et à la censure de son père alors qu'il ne rêve que des filles et d'internet... Pour lever un voile sur le passé familial et assoir sa place dans cette famille dévastée, Kevin devra enquêter dans sa ville d'origine où il retourne lors des vacances scolaires. Une bien belle découverte de la Chine d'aujourd'hui mâtinée des stigmates de la révolution culturelle.

On ne présente plus Petit pays. Gaël Faye n'a pas volé son prix Goncourt des lycéens. Quand ils sont bien écrits les livres qui nous dévoile l'Afrique sont fascinants. Celui-ci ne fait pas exception à la règle et se lit d'une traite.

Qui n'aime pas le trait de crayon de Pénélope Bagieu ? Elle fait sensation dans cette belle histoire du groupe mythique The mamas & the papas et plus précisément de sa chanteuse à la voix incroyable, Cass.
On suivrait Cass au bout du monde avec dans la tête le refrain de leur tube California Dreamin'.

Et j'ai fini le mois avec ce roman incroyable d'Arto Paasilinna, auteur que je ne connaissais pas et que j'ai découvert lors d'une lecture à l'escale du livre de Bordeaux. Je vais me pencher un peu plus sur ces bouquins déjantés et très bien écrits aux rebondissements nombreux et à l'imagination débordante.

lundi 3 avril 2017

lectures de mars

J'ai découvert cet auteur américain, comme d'habitude, par le plus grand des hasards. Cette collection réédite des œuvres oubliées, des auteurs passés de mode. On pourrait dire de cette histoire qu'elle est désuète mais l'auteur va plus loin que de relater la vie ordinaire de deux sœurs dans l’Amérique de la moitié du 20e siècle. Tous les espoirs d'une vie meilleure que celle de leurs parents s'étioleront au fil des ans et des pages. Ni l'aînée par son mariage, ni la cadette par ses études et son émancipation n'atteindront le rêve américain. Amertume, bassesse, tromperie, lâcheté, alcoolisme seront leur quotidien. C'est limpide et ça donne sacrément envie de mieux faire...

Djian fut l'un de mes auteurs français favoris quand j'étais ado. Et puis je me suis lassée. Au hasard d'une conversation, une amie m'avait prêté Oh... il y a quelques années. Quand le film avec Isabelle Huppert est sorti, je suis bien sur allée le voir... et suis restée sur ma fin, n'ayant pas retrouvé la force du roman et persuadée (comme la mémoire nous trahit !) que le metteur en scène avait pris force libertés par rapport au manuscrit. En tombant sur la version de poche lors d'une vente de charité, je n'ai pas hésité à me replonger dans l'histoire. En fait, le film colle très bien au bouquin, la fin n'a pas changé et avec le recul on dirait que Djian a écrit le rôle pour Isabelle Huppert. Quelle autre actrice française pourrait incarner cette femme blessée, plus que border line sous des apparences lisses et irréprochables ? Malsain à souhait...


Je me régale toujours autant avec ce 3e opus de l'arabe du futur mais qu'est-ce que je peux souffrir pour la mère de Riad coincée dans cette vie, réduite à faire des enfants sans pouvoir ni travailler ni se faire comprendre, bernée par son mari, étrangère aux membres de sa belle-famille. Il ne me tarde qu'une chose, son retour en France et son divorce !


La première de couverture a failli me rebuter. J'ai bien fait de passer outre. Cette plongée dans l'Islande de l'entre deux guerres est passionnante. On découvre la vie des femmes de pêcheurs abandonnées sur le rivage les longs mois d'hiver, petite communauté s'entraidant lors des naissances qui se succèdent chaque année avec la rigueur d'un métronome. On apprend les travaux rythmés par les saisons : moissonnage, abattage des troupeaux, salage des harengs, confitures et conserves l'été, tricot, couture et broderie l'hiver. Et puis il y a Karitas, diplômée de l'académie des beaux arts de Copenhague parce qu'elle est douée en dessin et que sa mère a décidé que ses 6 enfants feraient des études. Le retour à la vie est un calvaire pour Karitas qui ne veut pas sacrifier son art, entravée par les grossesses et les tâches ménagères. Un bel hymne au féminisme dans un milieu perclus de traditions ancestrales.

jeudi 9 mars 2017

pussy hat versus missoni

Hier c'était la journée des droits de la femme. Cette année, c'est tombé un mercredi, et je ne travaille pas le mercredi après-midi, comme beaucoup de femmes qui ont des enfants. Les miens sont grands, ils n'ont plus besoin de moi ce jour là, mais moi, j'ai besoin de cet après-midi là pour moi. Et hier j'ai passé une grande partie de l'après-midi à tricoter mon pussy hat en écoutant France Culture parler des femmes. J'avais trouvé cet idée de bonnet génial, une vague rose inondant le ciel de Washington. Mais je n'étais pas sûre de vouloir en porter un comme ça, tout rose, il manquait quelque chose. Et puis il y a eu la fashion week et le défilé Missoni...



J'ai utilisé des restes de Tweed from Zeeman et une pelote neon pink ramenée d'Amsterdam.
Le tuto, c'est par ici.
Pour ma version, j'ai monté 40 mailles, aig n°5, côtes 2x2 et une répartition aléatoire de trois couleurs blanc, rose, noir et enfin jersey pour le neon pink.
Le printemps français s'annonce agité, le climat électoral est déplorable, j'aurai certainement l'occasion de le porter...

jeudi 2 mars 2017

lectures de février

(Suite et fin de mes lectures de janvier).
Quand on commence la trilogie d'Anne-Marie Garat, on ne peut plus s'arrêter. J'ai avalé les quelques 2500 pages en deux mois, passionnément. C'est une saga familiale extraordinaire, très richement documentée, l'écriture est limpide, les personnages captivants. Le 20e siècle est radiographié avec précision, le rythme est soutenu, le suspens qu'elle entretient fait de son œuvre un redoutable turn over sans que le style en pâtisse. J'ai vraiment été conquise par les trois tomes, tous d'égale qualité. A lire absolument si l'on n'est pas rebuté par l'ampleur du texte... et le poids des ouvrages, même en version de poche (vive les grands sacs à main) !



mercredi 22 février 2017

street art parisien

J'étais à Paris en Octobre et le week end dernier. Hier en regardant à nouveau les photos que j'avais prises fin 2016, j'ai reconnu des clichés de street arter que je venais de photographier à nouveau lors de ce tout dernier séjour sans avoir aucun souvenir de les avoir déjà croisés en octobre.... Triste mémoire qui me joue des tours. L'avantage c'est que cette fois-ci, j'ai le nom de ces artistes qui ont attiré mon regard.

Commençons par le collectif evazesir que j'avais croisé une première fois autour des buttes Chaumont...



... et retrouvé au Lab14 ce mois-ci :




J'aime beaucoup la palette de couleurs utilisées pour les pochoirs. Il y avait plusieurs portraits destructurés en noir et blanc mais j'ai surtout été attirée par la couleur et la matière.

Eddie colla me plaît pour cette touche de bleu pâle au milieu de la grisaille. J'aime le regard des ces jeunes asiatiques androgynes et bâillonnés.

aucun souvenir de la rue dans laquelle j'ai shooté ce collage en octobre dernier

shooté aux halles en février 2017
 Enfin Léo & Pipo, vus une première fois sur un panneau de signalisation, dieu sait où dans Paris et retrouvés dimanche dans le Marais.



  Personnages d'un autre siècle, minuscules et pourtant tellement présents...